A la recherche de l'ambre jaune.
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Un peu plus de 90 minutes de route agrémentée notamment par la musique notamment des Ratals Picards, nous amènent à pied d’œuvre. Ni trop chaud ni trop froid, le temps est idéal. Après
une descente assez raide, il faut traverser une petite
rivière. En bottes où à pieds nus, l’obstacle n’est pas
insurmontable.de l’autre côté, c’est une
pente cette fois très raide qui nous amène sur une
plate-forme invisible depuis la rive, assez étroite et sans confort. Le terrain est constitué de flysch,
terme que les géologues utilisent pour désigner un mélange de
grès, et de schistes plutôt visqueux, qui s’est
constitué lors d’avalanches sous-marines Outre
l’ambre, il présente pas mal de traces de fossiles. Sur ces
explications hautement techniques, les travaux de déblaiement peuvent
commencer. |
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Tandis
que deux valeureux mineurs (Miguel et André Gustiaux le plus
souvent) montent au front, creusant la terre à l’aide de
pioches et la déversant à la pelle, le gros de la troupe,
faute de place, se contente de faire la chaîne pour évacuer
les seaux fraîchement remplis. A vrai dire, cette activité est
assez frustrante puisque toute la glaise que nous dégageons a
en fait été remise en place par quelqu'un. En cours d’effort,
on tombe sur des pelles brisées, des récipients et quelques
autres objets laissés sur place. Enfin
après plusieurs heures de labeur la couche ambrifère est
atteinte. Nos pionniers munis maintenant d’une masse et d’un
burin dégagent quelques bocs intéressants qui sont décortiqués
à l’arrière. De jaune clair à rouge foncé, les pastilles
d’ambre sont au rendez-vous, et chacun pourra emporter un
précieux butin. Il s’agit ici d’un ambre de pins, formé
probablement à la même époque que celui de la Baltique, mais
ne se présentant jamais libre, et dépourvus d’inclusion. Bien
qu’on puisse supposer que le gisement se poursuit sur un bon
bout de l’arc alpin, et qu’on en ait recueilli des spécimens à
Allinges, en France, il y a une centaine d’années, Plasselb
est le seul endroit où il
a été repéré en Suisse. Vers
16 heures, quelques gouttes de pluie nous font refluer en bon
ordre vers le minibus. Il ne reste plus qu’à rentrer à Genève,
mais l’aventure n’est pas terminée. Comme on vient d’entamer
la descente, une antique 2 CV arrive à toute allure en sens
inverse sur la route étroite. Bang ! Le véhicule
déglingué a éraflé le
flan de notre van et poursuit sa course sans s’arrêter.
Hélène, rapide, a noté son numéro de plaques. Elle appelle la
police tandis que Miguel se lance à sa poursuite. Après 2
kilomètres environ, son flair professionnel le conduit à
bifurquer sur une route secondaire menant à une carrière. Coup
de chance : la vieille Citron pourrie de notre chauffard
est là, garée
près d’une roulotte qui est le domicile du fuyard. Torse nu,
vêtu d’un seul pantalon blanc, il se chauffe les pieds à un
feu (par 28 degrés !).
Se voyant repéré, il hésite entre des injures en suisse
allemand et une offre de boire le café avec lui. Puis il tente
de s’enfuir à nouveau. Miguel le bloque, les deux manquent
d’en venir aux mains, enfin la police fribourgeoise arrive. Il
faudra encore pas mal de temps pour interroger le marginal,
soudain doux comme un mouton consigner les dépositions, et
nous repartirons avec un retard conséquent, non sans que
Miguel ait offert un échantillon d’ambre à sa blonde collègue
qui ignorait tout de cette spécialité locale. Olivier Chabloz
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