Des dinosaures dans le Jura, Plagne (01)
| Ce dimanche 25 octobre 2009, la SGAM est allé visiter les fameuses traces de dinosaures de Plagne, dans l'Ain, plus grandes traces au monde. Le rendez-vous, toujours fort matinal, était vers 9 heurs du matin à B+R de Bernex, sous un soleil radieux. Une fois tout le monde présent, nous nous sommes rendu, tout d'abord à Michabelle en Châtillon, pour que notre guide, Antoine Pictet, toujours aussi bien organisé, puisse s'acheter un casse-croûte. | |
| Eh voilà, un imprévu! La route pour Saint-Germain-de-Joux est fermée. Il faut donc faire un petit détour par les rochers aux Hirondelles, lieux bien connu de Jérôme Vilpert. Sous la magnifique vue s'offrant à nous, nous décidons de nous arrêter au pont enjambant la rivière de la Valserine, entaillée dans les calcaires urgoniens du Crétacé inférieur. Ces superbes gorges sont connues sous le nom de "Rocher aux Hirondelles", lesquelles nichent dans les infractuosités du rocher. |
|
|
|
|
|
Suite à ce petit arrêt, nous poursuivons la route jusqu'à Echallon où nous visitons un premier gisement, le long d'une petite route. Une dalle bordant la route montre de curieuses cuvettes énigmatiques à sa surface; empreintes de dinosaure ou pas? C'est ici que notre guide, Antoine Pictet, commence ses explications sur la chronologie des découvertes de la Société des Naturalistes d'Oyonnax (SDNO), qui n'ont rien de fortuites mais qui sont le fruit de longues recherches.
|
|
![]() ![]() ![]() |
|
Sur ce, nous reprenons la route en direction de Plagne. Arrivé sur place, ce site, jusqu'à récemment désert, est comme à son habitude, depuis l'annonce officielle, plein de monde. Antoine nous explique que ce site, fut découvert en mai 2009 par deux membres de la Société de la SDNO, Patrice Landry et Marie-Hélène Marcaud, suite à un repérage systématique de la région. Depuis le moi de mai, les membres de la SDNO se sont activés pour mettre à jour une centaine d'empreintes afin de démontrer l'ampleur et le potentiel de ce gisement. Les empreintes, de tailles démesurées, font entre 1 mètre et 1,8 mètres. Ces pistes, bien organisées, semblent correspondre à des dinosaures adultes d'une 40ène de mètres de long pour un poids d'une 40ène de tonnes, pouvant appartenir à l'ichnogenre (genre basé uniquement sur des traces) Parabrontopodus. Antoine nous montre de magnifiques bourlets frontaux fossilisés. Ceux-ci se formaient par expulsion en avant du pied de la boue sous le pied du dinosaure. La qualité absolument incroyable de la conservation permet même d'observer deux doigts sur l'une des empreintes.
|
|
![]() ![]() ![]() |
|
|
En regardant minutieusement le sol, nous voyons qu'il est également possible d'observer toute une histoire géologique rattachée à ces pistes. Effectivement, il faut imaginer le Jura, il y a 150 millions d'années, comme une grande lagune parfois inondée et parfois émergée, sur laquelle se développent des tapis bactériens gluants, retenant la fine vase amenée par les marées. Ainsi, sur place nous pouvons observer une roche finement laminée, succession de tapis algaires cyanobactériens. Lors de périodes émersives, ces fonds vaseux étaient parcourus par de nombreux gastéropodes (escargots) et par quelques crustacés, laissant de fines pistes continues sur le fond boueux. Cette période est également une période très chaude sous un climat tropical. Par conséquent, ces boues, si elles sont émergées trop longtemps, se dessèchent au soleil formant des polygones de dessiccation, appelés mud-craks, très développés sur le gisement.
|
|
![]() ![]() ![]() |
|
|
Après des longues heures d'explications, Jérôme sort de son sac un cake au chocolat. Et là, c'est une ruée, non de dinosaures, mais de juniors affamés laissant l'empreinte de leur passage sur les dalles de Plagne, tel le Petit Poucet, semant son cake au chocolat.
|
|
|
Ah! Il est déjà l'heure de passer à l'affleurement suivant, quoi qu'un peu plus vieux. Il s'agit d'un récif corallien qui aurait très bien pu border les grandes lagunes de Plagne. Sur le bord de la route, des gerbes de coraux en place sortent de la roche. Entre eux, sont insérés de nombreuses Nérinées, escargots marins de l'époque. Comme on a pus le voir, la roche était une sorte de ciment blanc contenant de nombreuses billes blanches millimétriques à pluricentimétriques, appelé calcaire oolitique. Ce calcaire correspond à un milieu marin de très faible profondeur très agité par les vents et tempêtes formant ces petites billes par agitation du fond sableux.
|
|
|
|
|
|
Il est près de 16hr, La nuit ne va pas tarder. Nous rentrons donc pour Genève, l'esprit remplis de dinosaures, les chaussures remplies de gravier corallien des anciennes mers tropicales. |
|
Antoine Pictet
N'hésitez pas à surfer sur le site web de la SDNO sur les empreintes de dinosaures de Plagne:
http://www.sdno.asso.fr/dino/index.php